Les 14 cahiers inédits écrits durant la déportation de Dreyfus sont à l’origine au nombre de trente-quatre.
L'ensemble a été remis au déporté après sa libération, en 1900, à l'exception d'un seul, oublié. Les vingt premiers, rédigés entre 1895 et 1898, sont constitués de brouillons de lettres, de mathématiques et de dessins.
Ils ont aujourd'hui disparu, détruits par Alfred Dreyfus lui-même.
Les quatorze suivants, rédigés entre 1898 et 1899, comprennent des fragments de textes d'auteurs aimés, inlassablement recopiés à la main, des notes de lectures, des mathématiques, des exercices d'anglais et des dessins.
Les archives nous apprennent qu'Alfred Dreyfus a délibérément choisi de conserver ces 14 cahiers. Il les confiera à Joseph Reinach alors occupé à sa monumentale Histoire de l'affaire Dreyfus, en 1901. Ceux-ci seront légués en 1923 par les héritiers du premier historien de « l’Affaire » au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France sous la cote NAF 24 909.
Ces quatorze cahiers, inconnus ou confidentiels, inédits, constituent un document patrimonial que les éditions Artulis ont choisi de valoriser en les publiant sous la forme d'une édition papier et, dans le même temps, sous la forme d'une consultation virtuelle illimitée.
Contenu de l'édition
L'édition comprend la transcription intégrale du fac-similé du Cahier 7, ainsi qu'un appareil critique qui relient les documents au contexte historique, social et moral de leur rédaction.
Les différentes contributions favorisent une mise en perspective philosophique, psychologique de l'écriture et de ses enjeux.
Le petit-fils du capitaine Dreyfus, Jean-Louis Lévy, préface l'ouvrage ; un avant-propos de l'éditrice raconte le choix de cette aventure éditoriale. André Comte-Sponville explore la leçon que donnent les cahiers ; Mauricette Berne relate l'histoire du manuscrit ; Maxime Préaud étudie les dessins.